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ALMA DE TRIANA


Ce spectacle, c'est une année complète de boulot et de galères pour deux représentations et seulement quelques minutes de plaisir...

J'ai dû m'accrocher sévèrement, c'est seulement ma deuxième année de flamenco, et je me suis retrouvée à danser dans le cours des "Avancés", dans le lot des filles qui dansent depuis minimum 5 ans, voire 8 ou 10 ans pour d'autres... Coordonner les pieds avec les bras, être dans le compas, je me suis bagarrée et c'est ça qui est bon, à l'image du Flamenco. Il faut ressentir ce que l'on danse dans cette discipline très exigente moralement et physiquement, c'est une danse qui vient des entrailles de la Terre, on saute, on frappe, on crie, on tourne, on virevolte parfois on fait tout à la fois... Il faut sortir ses tripes, utiliser son vécu pour bien ressentir le Flamenco, il m'est arrivé de pleurer en dansant pendant l'année. Au final, parfois, une danseuse avait un bras en l'air, alors que l'autre prenait sa jupe, mais comme l'a dit Solé, ma prof, c'est super, pourquoi ? Parce qu'au moins, on dit la même chose en l'exprimant différemment, parce qu'on a toute sa personnalité, et on la respecte, à la base, le Flamenco est une danse très personnelle, et ce n'est pas évident d'en faire une véritable choré, et ce sont justement nos décalages, nos sentiments aussi forts des unes et des autres même s'ils sont différents qui ont créé cette harmonie lors des deux représentations. J'ai coulé l'eau... L'allure est très importante bien sûr, mais les attitudes ne doivent pas être forcées ou surjouées, il faut ressentir pleinement ce que l'on danse, sinon, il vaut mieux rester chez soi à regarder les chorégraphies de Kamel Ouali pour la Star Academy... Le Flamenco est la danse la plus intense que je connaisse, la plus exigente, la plus sévère, elle demande une concentration incroyable, elle est vraie, pure, on ne peut tricher avec elle, ce n'est pas un rôle que l'on joue, on doit être dedans, le vivre du début à la fin, c'est personnel, quelle que soit la longueur du morceau (et le notre cette année faisait 8minutes) et son type (Alegria, Solea, Tango etc etc...). Le Flamenco est la danse la plus monstrueusement REELLE qui existe...

D'une autre manière, la Rumba Gitane est tout aussi intense, mais dans une autre mesure... Elle demande beaucoup moins de technique (attention, je n'ai pas écrit qu'elle n'en demandait PAS, bien au contraire, il en faut), mais énormément de sensualité ce qui, pour certaines filles, n'est pas forcément évident. Par manque de confiance en soi, trop de questions posées, une va réussir à se lâcher pendant l'année, et le jour du spectacle, devant tous ces gens, ce sera complètement différent. Limite provoc', la Rumba Gitane permet à la femme qui la maîtrise réellement de devenir... : FEMME... Il ne faut plus avoir peur de soi-même, il faut s'exprimer, laisser exploser cette féminité... On peut danser la Rumba plus facilement, c'est d'ailleurs dans mon Nord, dès mon plus jeune âge que j'ai connu les Gipsy King, et quel bonheur ! Elle est plus festive, car le rythme est plus gai, plus entraînant mais on ne peut comparer la Rumba Gitane que des milliers de personnes dansent lors de soirées à la Rumba Gitane vraie... On a galéré aussi cette année, pour que ça ressemble à quelque chose, et en + Vanessa ne nous a pas facilité la tâche mdr : " Pour celui là on part à droite ! " " A droite ou à gauche ? Parce que là t'es partie à gauche en fait.. " LoL... Voilà, à côté du travail, il y a eu beaucoup de fous rires aussi : Marine qui tourne, c'est quelque chose... Enfin on se comprend, et c'est à cause de ça qu'on perd un quart d'heure, parce que Vané pleure de rire à se foutre de moi, et c'est pas la seule, les autres suivent et bien évidemment, je renchéris en commentant mes difficultés assez hallucinantes pour faire un simple tour correctement sans partir en vrille et me vautrer...

Alma de Triana une école de danse fabuleuse, où il n'existe aucune forme de jalousie, où personne n'a peur d'aider, de complimenter, de rire, de pleurer, de râler... C'est une sorte de grande famille, c'est beau... Et même si mes cours de Langues Etrangères Appliquées à partir de Septembre m'empêchent en théorie de participer aux cours de Soledad et Vanessa, j'm'en fous, je sèche, et j'y galope ☺

Pas mal de danseuses n'ont pas fait le spectacle ou pas suivi toutes les répétitions à cause d'examens, moi il n'a même pas fallu me parler du BAC ! La première représentation a eu lieu le Mardi 17, après l'Histoire-Géo, l'Espagnol, et la veille de la Littérature, j'ai dormi quoi ? 4 heures ? Ca ne m'a pas empêché d'avoir mon BAC avec Mention Bien, alors qu'on ne me raconte pas de conneries... Quand je danse, je transpire tout ce que je peux, c'est tout mon mal être intérieur qui s'évacue, comme lorsque je monte à cheval, que je joue au tennis, que je vois Sébastien CASTELLA coller sa cuisse à la corne du Toro, ou que Mickey me fait un câlin à DisneyLand Paris... J'ai besoin de ça pour sentir que j'existe, pour prendre confiance en moi, pour vivre... Je ne peux tout simplement pas imaginer le reste de mes jours sans la Rumba, le Flamenco ou encore la Sévillane que j'ai pratiqué deux années et que je me régale à danser aujourd'hui en bodegas... Bizarre pour une ch'ti ? Oui mais en fait, en arrivant dans le Sud, ma vie a changé sur bien des points, j'ai découvert une importante partie de moi-même. Ce chemin parsemé d'embûches, sur lequel je cherche qui je suis réellement, même si je sais ce que je veux, est pourtant loin d'être terminé...

Ah oui au fait, ce tango, la musique de la video (vous aurez reconnu "Le Tango de Roxanne" dans Moulin Rouge), n'est pas choisi au hasard : on a fait notre final là-dessus, avec une intro fantastique des trois profs : Soledad, Patricia et Vanessa. Frissons garantis
...





# Posté le dimanche 13 juillet 2008 18:06
Modifié le dimanche 20 juillet 2008 16:16

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